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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 10:22

Parce qu’à Beuvry (code : 62660) on est vraiment nostalgiques…

 

On croise un truc, et hop, la larmichette et le gros soupir sont là !

 

 

La preuve : Eh, maousse, viens par ici !

 

On se débarrasse vite fait des herbes folles qui font disparaître un joli petit coin de  jardin en le dissolvant dans un vague terrain à l’allure de décharge plus si publique que ça.

Et puis, va savoir pourquoi Charles, on finit par se dire qu’en fin de comptes l’entretenir ce jardin c’est vraiment trop fastidieux et que les pissenlits, les coquelicots et les chardons ça donne un certain style, rien qui ne sorte de l’ordinaire.

Les taupes aussi avec les galeries qui font communiquer en souterrain et qui débouchent ici ou là sur des monticules… Ma foi…

Que dans la famille, on n’a jamais été dégourdi(e)s pour tout mettre au propre. Donc que tout ça est normal.

Alors on finit par les trouver sympathiques, on minimise leurs défauts, le fait qu’elles parasitent petit à petit tout ce qui en restait du coin de jardin initial. Et on les laisse atrophier et eutrophier des allées jusqu’aux parterres toutes les parcelles…

 

Mais aujourd’hui, il s’agit d’autre chose que de brouette dont nous allons parler.

 

Plutôt de charrette…

 

Qu’on a croisé sur la voie de contournement de Beuvry.

 

 

Alors, imaginons d’abord que nous sommes de véritables historiens et commençons :

 

H Y

 

Déjà en 1935, Citroën avait compris suite à une enquête qu'il manquait dans le marché des utilitaires, un vrai véhicule à traction avant avec une charge utile comprise entre 500 et 850 kg en remplacement des Rosalie (oh !) utilitaires.

 

Les utilisateurs voulaient un véhicule à cabine avancée dans lequel ils puissent se tenir débout et leur permettant d'accéder à l'arrière depuis le poste de conduite, un véhicule avec une porte latérale coté trottoir afin de faciliter les opérations de chargement/déchargement.
Bref, Citroën allait sortir un nouveau véhicule utilitaire ne ressemblant à rien de connu.
Le 12 mai 1939 les services des mines examinèrent un utilitaire baptisé 7-T série U portant le numéro de châssis 900000 et équipé du moteur TB 00032.

 

Le TUB est né, c'est l'innovation!

Il doit son nom à l'abréviation de Traction Utilitaire Basse. 

 

Mais chez Citroën on parlait déjà d'un nouveau véhicule utilitaire.

 

On voulait gagner du poids et de la place et puis le TUB qui était en service (ça ne vous rappelle rien ?) avait un défaut, s'il n'était pas chargé à l'arrière il « relevait du cul ».

 

Il était plus facile de créer un tout nouveau modèle, plus moderne :  un véhicule monocoque à traction avant reprenant les éléments de la Traction 4 cylindres avec une bonne suspension arrière et surtout tout en conservant le maximum de pièces existantes déjà sur les autres modèles.

 

Et oui, ma brave dame, on pensait déjà économies qu’il fallait faire à l’époque ! Même si ça n’était pas du goût de tout le monde. Pourtant même (et surtout) les personnes qui en ont profité s’en souviennent !

 

 

C'est ainsi qu’a été imaginé le Type H.

 

Pendant la 2e guerre les études du H ont été lancées en cachette des occupants qui avaient interdit d'étudier de nouveaux modèles, les conditions de travail n'étaient pas des meilleures, il n'y avait pas d'essence, pas de matières premières. Une fois la guerre finie le H a été terminé très rapidement. 

 

Il était entièrement réalisé en tôle ondulée de 5/10e que pour rigidifier on avait emboutie et nervurée, un principe utilisé dans l'aviation bien avant le H. Au point de vue solidité il était exceptionnel !

 

Il y avait des charnières " Yoder " partout, volets de côté, volets de roue de secours, réservoir, portes, capot moteur intérieur, capot avant, etc. Il s'agissait de charnières réalisées par pliage des tôles, on en trouvait déjà sur la Traction et plus tard sur la 2CV.

 

Il n'y a pas eu beaucoup de prototypes comme pour la Deux Chevaux, seulement deux. Il n'y a pas eu de maquettes réduites non plus, on est parti directement sur le premier prototype.

 

Ce premier prototype avait à l'origine une porte latérale pivotante, porte qui encombrait le trottoir à l'ouverture et n'était pas pratique quand on voulait descendre. 
Le second prototype avait une porte coulissante, ce n'était pas difficile de modifier le véhicule car il n'avait que des lignes droites...

 

Sur les prototypes on avait mis une couche de peinture pour qu'ils ne rouillent pas, c'était du gris métal. Il y avait certainement des stocks de cette peinture car en ce temps-là on sortait des Tractions gris métal ; le Type H est donc né comme ça, gris. 

 

Il est né gris et il est mort gris. 

 

Remarquez, on a eu aussi des Cadillac roses. Très chères et très gourmandes !

 

Pour le concevoir à une telle vitesse il était évident que plusieurs ensembles (mécanique, essieu de la Traction 15 élargi, tableau de bord, poignées de portes, etc.) soient empruntés à la Traction Avant. Même la petite 2CV, elle aussi gris métal, prêta quelque chose (sièges, phares, etc.). Ils ont en commun la même solidité, la simplicité, la génialité. Le Type H, au contraire de son prédécesseur TUB qui avait un châssis et une coque, est monocoque et, bien évidemment, traction avant

Toute pièce est étudiée afin d'obtenir le maximum au moindre coût : le pare-brise était en deux moitiés (si une partie était abîmée, on ne devait pas remplacer la totalité), de la toile remplaçait les panneaux de porte, la lunette arrière était de dimension très réduite, .... Même sur le nom Citroën avait fait des économies, il arrivait huitième d'une série d'études et c'est pourquoi on l'appela "H", la huitième lettre de l'alphabète, sans chercher plus loin.

 

Et oui, on ne comprend pas toujours pourquoi on fait des économies de bout de chandelle. C’est pourquoi d’autres préfèrent critiquer par principe et la brûler par les 2 bouts… Mais c’est une autre histoire.


En 1947 Citroën présenta le Type H de 11CV, 1200 Kg de charge utile.

 

La bombe " H " du " Quai de Javel " explosa au Salon de l'Automobile de Paris en octobre 1947, dans un climat de pauvreté et d'ingéniosité.

 

Des bombes, on savait ce que c’était en ces temps-là. Des qui « cassaient la baraque » en tenant leurs promesses écrites sur le prospectus. Mais sans rien démolir, ni abimer. Surtout le mobilier.

 

Tout est recyclé, les voitures d'occasion (véhicules militaires américaines et quelques berlines) sont rares et coûteuses, exploitées jusqu'à la dernière tôle restante, et ensuite retapées. Les utilitaires sont rares et souvent les voitures sont transformées en camionnette. Même si certains artisans réalisent de petites merveilles, la plupart de ces véhicules sont bricolés.

 

Aujourd’hui, on bricole encore. Mais pas de la même façon.

Avec les moyens qu’on a fait récupérer, pour les objectifs qu’on aimerait (r)atteindre !


Le Type H entra en commercialisation le 1er juin 1948.

Et la presse l'ignora !

 

Mais le bon gros "Tube", comme on le surnomme à cause de son prédécesseur, n'a pas de rivaux et il a même les rétroviseurs de série ! 

 

Aujourd’hui, c’est normal d’en avoir. Mais qui s’en sert ?

D’ailleurs, à quoi ça servirait de regarder en arrière ?

 

Il a démarré dans la vie sans rien demander à personne, sans publicité autre que le bouche à oreille.

 

Les années défilent et le Type H roule. Qui le possède déjà en fait de la publicité aux potentiels clients et qui ne le possède plus en achète un neuf !

Citroën ne s'en occupe pas beaucoup, un minimum de publicité, quelques mises à jour par-ci et par-là et le client est rapidement convaincu.

Paysans, éleveurs, corbillards, marchands, boulangers, jardiniers, menuisiers, brocanteurs, fleuristes, bouchers, tout le monde en a eu au moins un dans la vie, il a travaillé pour La Poste, pour la Gendarmerie, pour les hôpitaux, les administrations, il a servi les acteurs, les vacanciers, les voleurs...

 

Chez Citroën on dit : " à chacun son H ", toujours le même et toujours si différent.

 

Il y a eu :

                        -     deux motorisations essence (1600cm3 - 9CV et 1900cm3 - 11CV)

                        -     trois Diesel (Perkins 1621cm3 - 7CV, Indénor 1816cm3 - 7CV et Indénor 1946cm3 - 8CV). 

 

On a eu                des versions plateau nu étaient aussi disponibles pour les carrossiers (il est impossible de recenser les carrossiers qui pendant toute la longue vie du H l'ont accomodé à toutes les sauces).

                              en fonction de la charge et de sa carrosserie, diverses appellations commerciales : H, HY, HZ, HX, HW.

                               des équipements spécifiques pour véhicules de secours urgent et pour véhicules de réanimation et de chirurgie avec suspension arrière hydropneumatique.

                  14        était le nombre de coloris offerts par Citroën dont une partie réservée aux administrations. Le gris reste la couleur la plus fréquente mais on pouvait le choisir blanc, rouge ou bleu.

                  300     était le nombre d'ouvriers nécessaires pour produire un exemplaire complet, que ce soit en France, en Hollande, en Belgique ou au Portugal.

 

L'histoire finit le 14 décembre 1981, à Aulnay. Le dernier porte le numéro de série 473289 et il est gris. Près d'un demi-million de H ont été construit en 34 ans, un record ! 

 

Mais il roule toujours peinard avec ses publicités sur les cotés, avec son vêtement de travail gris ou les plus chanceux sont devenus des camping-cars. 

 

Extrait d'un catalogue publicitaire des années 70

 

Les dix atouts du Type H :

                  1       Accessibilité maximum : les portes sont strictement rectangulaires

                  2       Accessibilité mécanique : le moteur est à portée de votre main

                  3       Confort des sièges : vous êtes aussi bien installé que dans votre voiture

                  4       Suspension nouvelle : elle a fait l'unanimité

                  5       Tenue de route : c'est une " traction avant "

                  6       Braquage : aussi maniable qu'une petite voiture !

                  7       Robustesse légendaire

                  8       Plancher plat : à 35 cm du sol seulement

                  9       Prix d'achat : comparez avec leurs concurrents

                  10     Coût d'utilisation et d'entretien : ils battent tous les records d'économie

 

Et pour finir : notre clin d’oeil :

 

 

http://pierreg.free.fr/carton/projet/citroh/cithpo10.pdf

 

T û û  û t t t t t t   !

 

 

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Published by Panglos
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commentaires

marie 29/03/2015 16:40

Bonjour!
Merci pour votre bel article sur l'histoire du H
Je viens de récupérer un HY IN 2 car 16 places de 1969 diesel (vendu en chassis cabine par citroen et transformé par Currus) roulant, il est apparemment assez rare, mais impossible d'en connaitre sa valeur... Auriez-vous une idée? ou pourriez-vous m'indiquer vers qui/quoi me tourner?
Merci d'avance,
Hmicalement,

Dom. Pérignon 30/03/2015 17:23

Bravo !

Véhicule rare car fait "à la demande" si mes souvenirs sont bons.
Désolé de ne pouvoir vous aider dans vos recherches. Pour un véhicule d'occasion et de collection, c'est au vendeur et à l'acheteur de décider des négociations selon leurs critères.

Bonne chance

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