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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 18:56

 

 

Le syndrome PowerPoint

 

PowerPointite encore appelée syndrome PowerPoint est un virus qui contamine toutes les conférencières et discoureuses.

 

Cette personne provoque chez ses auditeurs, qui pour un bon nombre sont obligés d’être là hormis les associés, sympathisants, quémandeurs, etc… tout ça faute de programme intéressant à la télé ou parce qu’il faut passer par là avant de pouvoir approcher du buffet… elle provoque donc bâillements, soupirs et autres symptômes caractéristiques d’une forte crise d’ennui.

 

Lorsque une oratrice des temps modernes mitonne une présentation, avant de penser au contenu, elle pense au contenant et sort sa casserole fétiche : le logiciel Powerpoint.

 

Quand ça n’est pas un petit groupe de spécialistes en communication qui doivent s’y coller pour justifier pour une fois un salaire avec mérite…

 

Avec lui, pas besoin de se gratter les méninges pour imaginer une recette originale. La préparation, étayée par quelques transparents sera assez solide et consistante pour nourrir les esprits des futurs auditeurs qui n’en demandaient pas tant.

 

Lorsqu’on s’interroge sur leur inébranlable confiance dans ce logiciel, les tombés dans des barils de psy pensent qu’elle est à mettre sur le compte de son appartenance à une suite (la suite Office de Microsoft).

Suggérant l’existence d’un palace, elle met du luxe dans l’esprit de l’utilisatrice et lui fait croire que, en l’utilisant, elle peut pénétrer dans cet univers ! Magique !

 

Comme cette pyscho-analyse est susceptible de donner envie de faire une thèse sur les mouches qui volent sur le dos, on peut écouter n’importe quelle accro évoquer sa dépendance.

 

A l’entendre, PowerPoint est tout d’abord une béquille qui lui permet de ne pas avoir l’air d’une « ballotte » aux bras ballants : « Quant je fais défiler les transparents, je focalise le regard des auditeurs et j’ai à ce moment-là l’impression d’être la reine de mon petit monde. », dit une contaminée qui a préféré témoigner anonymement.

 

Si l’on comprend bien, plus on s’efface pour mettre en valeur ses transparents, moins on se sent transparente !

 

Si cette logique pour fin de soirée arrosée vous laisse septique, peut-être serez-vous sensible à celle de l’infinie solitude de la rhétrice devant une assemblée d’auditeurs anesthésiés par les précédents Powerpoint : « Lorsqu’on fait une présentation, on se sent terriblement seule. Le support visuel permet de s’appuyer sur du solide et d’éviter les sorties de pistes fatales. », affirme la même marathonienne du discours sur toute surface : locale, régionale, nationale, européenne, galactique……..

 

En résumé, un discours sans PowerPoint, c’est comme une voiture sans essuie-glace. A la moindre perturbation atmosphérique, c’est la catastrophe.

 

Si Powerpoint est une bouée de sauvetage pour discoureuse en péril, c’est aussi un carcan.

 

L’outil fabrique le discours. L’oratrice pose sur ses diapositives les mots qu’elles lira. Elle dispose de deux barils (un sonore, un visuel) de mots pour laver plus blanc les esprits. Si les auditeurs entassés dans une salle polyvalente remplie au-delà des normes de sécurité en vigueur peuvent être agacés par cette répétition, cela n’effleure pas l’oratrice qui a l’impression d’enfoncer le clou et donc de construire une bâtisse plus solide.

 

Faire une présentation qui en jette mobilise temps et énergies.

 

L’oratrice fait passer des lustres à ses petits-lutins-du-fond-de-la-grotte-du-premier-étage-loin-derrière-le-balcon à trouver les typos, les images qui vont impressionner leurs auditeurs.

 

Le logiciel libérant leur créativité, ils ont l’impression d’être des Einstein de la création. En réalité, des clones de Monsieur Jourdain… mais sans la prose…

 

Ces amusants travaux pratiques font que ce support visuel qui devrait rester accessoire devient essentiel. Cette inversion des priorités brouille le propos. C’est comme si, dans un film, on modifie le mixage son en mettant la musique en avant-scène sonore et les dialogues en arrière-plan !

 

Ce sophistiqué pervers de PowerPoint tire également la couverture à lui en transformant les pourcentages en camemberts, histogrammes et au fil de ses versions en des formes plus subtiles. C’est tellement magique qu’une oratrice bien née se croit obligée d’utiliser cette subtilité.

 

Résultat, des statistiques dénuées de tout intérêt alimentent leurs argumentaires !

 

Lors de la présentation, Powerpoint est un boulet qui interdit toute souplesse.

 

Au démarrage de la présentation, l’espèce d’artiste du support visuel attend que ses laborieux barbouillages typographiques provoquent des manifestations d’enthousiasme. Oooooh, aaaah !

 

Comme ses œuvres sont souvent des crimes de lèse-rétine, elle n’a généralement droit qu’à des soupirs. Accusant le coup, ses premières phrases sont servies avec une sauce soporifique fatale pour les quelques 28 réveillés existants du premier rang. On a vu large avec 28 car dès le générique certains s’endorment déjà et ne se réveilleront qu’aux applaudissements de fin qui permettent de se dégourdir au moins les mains et donnent le signal de joyeux départ de la course au buffet du fond.

 

Après le décalage initial, rien ne va plus. Les transparents actionnés d’un coup de clic prennent de l’avance. Soit l’oratrice s’épuise à pédaler dans le vide pour rattraper le retard, soit elle revient en arrière et perd le fil du discours.

 

Pour éviter, un deuxième décalage, elle s’interdit tout nouveau clic et découvre vite qu’elle a plusieurs transparents de retard. Et c’est alors l’affolement. Elle bafouille, maugrée, s’emmêle les mots, cherche déjà quelqu’un à accuser dans l’assistance…

 

La chute arrive lorsque la personne désignée technicienne en multimédia (mais sans B.E.P., c'est-à-dire sans le diplôme de Barbouilleur et Ecrivain sur PowerPoint) et donc préposée à la pendule lui annonce qu’elle doit accélérer sa présentation.

 

L’oratrice fait défiler les transparents en vitesse accélérée en les déchiffrant de manière machinale. Sa présentation devient alors aussi excitante qu’une séance de roulette chez le dentiste. Ça vous rappelle des choses ?

 

Certains esprits confiants peuvent penser que la maladie ne va durer que le temps d’une mode. Ils ont sans doute raison, mais ce qu’ils ignorent, c’est que le pire existe déjà… et a été envisagé pour la prochaine édition…

 

Demain, équipée de gants de simulation de mouvement fabriqués par le Gesture Studios de Los Angeles (www.gesturestudios.com), l’oratrice au top de la modernité, qui « se la pète » pour rester « djeun’ » se transformera en chef d’orchestre.

 

Debout devant un écran géant, elle démarrera une vidéo, fera pivoter un objet 3D, saisira et déplacera un texte. Vous avez vu Matrix ?

 

Sa prestation devant être visuelle et corporelle, elle a encore moins de temps à consacrer au contenu du discours. Pendant ces pensum, il nous restera qu’à relire Paul Virillo qui dit : « Avec des nouvelles technologies, nous assistons à la disparition inéluctable de l’auteur ou du créateur au profit d’une marque. »

 

Bon nuit et bonne chance !

« Good night and good luck » dans la version originale…

 

Mamma mia !

 

 

 

 

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commentaires

Pugwash 17/09/2010 16:56



Bref, si la vie était plus belle, au lieu de tailler les roses, nous pourrions enfin préparer les chrysanthèmes pour la dernière année des diètes du régime dont on a fleuri la commune qu'on
voulait mettre en tombe !.



Pugwash 17/09/2010 16:50



Bonsoir,


L'humeur est parfois difficile à comprendre...


Mais à force de voir que l'intelligence (surtout dans un groupe) pour la collectivité en son entier est laissée dans le fond du canal au profit (et le mot est faible) d'une
forme de clientélisme du ras des fleurs, la bile s'échauffe !


Parfois, on peut croire que la blague a du vrai : un esprit d'équipe signifie souvent qu'il y a un esprit pour toute une équipe...


Et si l'on fait une moyenne, le score même en parti reste faible... seul le cumul permet de remonter le résultat mais alors il
est frayeux !



Edith 16/09/2010 21:46



Je ne comprends pas tout à ce blog.


Mais en tous les cas, c'est une vrai source d'informations !



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