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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 13:27

 

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H I S TO I R E

( La vraie, pas celle à la sauce délayée par quelqu’alchimistourien)

 

1791 :                         Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges (souvent plagiée mais jamais égalée), dont le préambule commence ainsi : "Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en Assemblée nationale".

 

1804 :                         Le Code civil donne aux femmes des droits civils mais leur refuse les droits politiques.

 

21 avril 1944 :           L’ordonnance d’Alger accorde le droit de vote aux femmes françaises.

 

27 octobre 1946 :     Le préambule de la constitution proclame : "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme" (art.3).

 

8 juillet 1999 :           Une révision constitutionnelle ajoute à l’article 3 de la Constitution de 1958 la disposition suivante "La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives" et prévoit que les partis doivent "contribuer à la mise en œuvre" de ce principe (art. 4).

 

6 juin 2000 :              La loi sur la parité en politique module l’aide publique aux partis politiques en fonction de leur respect de l’application de la parité pour la présentation des candidats aux élections.

 

23 mars 2006 :          La loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes renforce les moyens et engagements concernant la suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, et la "conciliation" entre l’activité professionnelle et la vie familiale.

 

23 juillet 2008 :         Modification de l’article 1 de la Constitution qui est désormais ainsi rédigé : "La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales".

 

27 janvier 2011 :       Promulgation de la loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle. Ce texte prévoit l’instauration progressive de quotas pour aller vers la féminisation des instances dirigeantes des grandes entreprises, ainsi qu’un système de sanctions financières en cas de non-respect.

 

Depuis 200 ans, la parité entre les hommes et les femmes progresse par bonds successifs d’amplitudes diverses mais trop rarement grandes.

 Si la parité désigne une égalité générale entre les hommes et les femmes, elle prend toujours un sens plus restreint quand elle s’applique à la seule vie politique.

 

Deux exemples pour preuve

 

Cent cinquante-cinq femmes ont été élues députées, dimanche 17 juin. Un chiffre sans précédent mais encore très éloigné de la parité puisque 422 hommes ont été élus. Le taux de femmes au Palais-Bourbon s'élève désormais à 26,86 %.

107 femmes avaient été élues il y a cinq ans dans la précédente Assemblée. Pour ces élections législatives :

                  -     le PS est le parti qui a envoyé le plus gros contingent de femmes à l'Assemblée : 104 sur un total de 280 élus,

                  -     l’UMP arrive très loin derrière, avec 27 sur 188 députés.

La précédente Assemblée ne comptait que 18,5 % de femmes, reléguant la France à 19eplace (sur 27) en 2007. La France passe désormais au 9e rang. Youpie ?

 

Pas de quoi faire la singe(*) au fond de la classe, mais une autre Valérie a déclaré "J'applaudis des quatre mains ! Et si seulement ça pouvait être partout la même chose...". Etrange, les Valérie que nous connaissons en sont encore à se demander si elles ne devraient pas se faire greffer deux bras supplémentaires pour pouvoir tout faire… Etrange non ?

Donc, l'ancienne ministre UMP Valérie Pécresse a "applaudi" sur BFM-TV "des quatre mains" le respect de la parité hommes-femmes au sein du gouvernement Ayrault, reprochant à l'UMP d'avoir "un vrai problème" dans ce domaine. Ce que nous développerons un peu plus loin (à la fin !).

 

(*)       Cette cousine est considérée comme dotée de quatre mains contrairement au rossignol comme démontré par Pierre Desproges.

      Et selon Buffon, les quadrumanes, second ordre des mammifères, sont caractérisés par la disposition en forme de main des quatre extrémités. Pour mieux s’accrocher aux branches, etc.

      Cet ordre, qui comprend les animaux les plus voisins de l'humain, est divisé en deux familles : les singes, et les makis ou lémuriens.

      A ce sujet, il faut veiller à éviter une erreur pouvant être causée par Cécile Duflot, militante du libéralisme cannabissophile et occasionnellement écologique (pas de pesticide et autre phytosanitaire sur les cultures pour préserver les qualités sensorielles ?) parfois en « pétard » contre les journalistes.

      Le « Quad du man », serait plus un hymne machiste sur mélopée reggae. Yo !

 

Si pour la première fois de son histoire, la France a un gouvernement paritaire : 17 ministres femmes, 17 ministres hommes, c’était une promesse de campagne.

 

 Quand enfin une personne élue tient un engagement pris, il faut le reconnaître.

 

Mais totalement tenu ou juste en majorité visible ?

 

Mais quelle sera l'égalité réelle dans les instances de décision politiques et administratives ?

Les premières nominations dans les cabinets ministériels ne sont pas en phase avec l'intention affichée de parité et d'égalité.

Sur les nominations connues au 25 mai, 85 % des postes stratégiques des cabinets ministériels, directeurs(-trices) et adjoints(-es), secrétaire général de l'Élysée et adjoint(-e) sont occupés par des hommes.

 Seules trois femmes sont aujourd'hui nommées directrices de cabinet (certes, pour l'une d'entre elle du président de la République), soit 10 % des postes concernés.

 

Alors que la ministre des droits des femmes s'est pour sa part engagée à former un cabinet paritaire, qu’en sera-t-il pour les autres membres du gouvernement ?

Feront-ils(elles) de même ?

Pourquoi une si faible proportion de femmes aux postes de direction des cabinets ? Les cabinets ministériels, tout comme les postes de la haute administration, sont majoritairement occupés par des personnes issues de la haute fonction publique, ou du personnel politique.

Or la féminisation de ces deux secteurs reste faible : 16 % de femmes sur les postes à responsabilité de la haute fonction publique, une part encore plus faible dans les grands corps :

                  -     18,7 % de députées,

                  -     22 % de sénatrices.

 

Imposer la parité dans ces secteurs, changer les mentalités pour mieux partager les responsabilités, favoriser une meilleure conciliation vie professionnelle-vie familiale, sont autant de préalables indispensables à la mise en œuvre d'une égalité réelle dans l'exercice du pouvoir politique et administratif en France.

 http://24.media.tumblr.com/tumblr_m53h7eJqcP1rq0djmo1_500.png

Plus loin, c’est maintenant !

 

Mais si, rappelez-vous, c’était au temps béni de S…. comme chantait Michel Sardou.

C’était au temps d’une autre campagne électorale…

 

Pendant les informations à la radio le journaliste avait dit : « Le candidat Nicolas Sarkozy a annoncé que s’il était élu, il constituerait un gouvernement restreint de 15 ministres en respectant la parité ».

Eclats de rire dans notre petit coin de France profonde. Respecter la parité avec un nombre impair !  Même en primaire on sait voir le problème !

Tiens, encore un slogan marketing ridicule d’un quelconque directeur de la communication incompétent, relayé par un journaliste inattentif qui aura répété la phrase sans la relire auparavant...

 

On frisait la faute professionnelle !

 

Quelques mois plus tard, Nicolas Sarkozy fut élu, un nouveau gouvernement fut constitué, et cette aberration mathématique devint la phrase phare de tout(e) journaliste à proximité d’un micro, d’une plume ou d’un clavier.

 

« La parité est respectée » annonça même France Info.

 

« Huit hommes, sept femmes, le compte y est » renchérissait France Inter. Fort non ?

 

« La parité » fut citée également sur Canal+, France 2, France 3 et M6.

 

« Le gouvernement le plus paritaire jamais formé » indiqua fièrement le site Internet du Figaro. Comme quoi, le net avait besoin d’un dépoussiérage.

Même l’émission « C dans l’air », sur France 5, confirma l’existence de cette fameuse « parité ». Comme quoi, à trop vouloir chercher des erreurs chez les autres, on commet les siennes.

 

Seul son de cloche légèrement divergent : Libération sur son site Internet annonçait un « gouvernement féminisé », une phrase entendue sur France Info parla de « féminisation du gouvernement » et Christophe Allévèque, dans « On a tout essayé » (si c’est là qu’il faut aller chercher les commentaires politiques pertinents !), faisait simplement le décompte : « 7 femmes, 8 hommes, 1 premier ministre et 1 président, ça fait 10 hommes pour 7 femmes, tout de même ! »

 

Ben oui, quoi...  Non mais … M’enfin, aurait annoncé un héros de B.D.

 

N’importe quel élève (peu importe son âge, son sexe, sa religion, sa branchitude, bref…) d’un niveau primaire vous le confirmerait. Non seulement quinze est un nombre d’humains impair indivisible par deux qui, par définition, induit nécessairement le non-respect de la parité mais, en outre, l’équipe ministérielle était en réalité composée d’un premier ministre homme, d’un ministre d’état homme, de 14 ministres (7 hommes et 7 femmes), de 4 secrétaires d’état hommes et d’un haut commissaire homme.

Donc nous étions gouvernés par un Président de la République homme ainsi que 14 hommes et 7 femmes.

 

Où donc se cachait la parité, on se le demande ! Tout comme le « 15 » annoncé…

 

Cinquante pour cent, vous dites ? Exact !

 

Le nombre de femmes du gouvernement était très précisément égal à 50% du nombre d’hommes.

En mathématiques, on n’appelle pas ça une parité. On appelle ça deux tiers et un tiers. Deux tiers d’hommes et un tiers de femmes.

 

Etait-ce cette différence, 7 femmes pour 14 hommes, qui choqua le plus ?

Hélas non. Que nous vivions dans un pays où les postes à responsabilité reviennent toujours majoritairement aux hommes, on finit hélas par s’y habituer.

 

Non, ce qui était choquant, c’est cette manipulation du langage et ce non-sens mathématique que les médias nous imposent, ce mensonge éhonté qu’ils colportent effrontément à chaque commentaire, cette impression terrible qu’ils nous prennent non seulement pour des con(ne)s, mais en plus pour des con(ne)s qui ne savent pas compter.

 

Alors comme ça, il y avait la « parité » parce qu’il y avait 7 ministres hommes et 7 ministres femmes ?

Alors comme ça, on déciderait arbitrairement de ne pas compter le premier ministre, le ministre d’état, les secrétaires d’état et le haut commissaire parce que « ça arrange » pour tomber sur un compte juste ?

Comme c’est facile, alors, d’arriver à la parité !

 

Vous prenez un groupe de personnes, vous retirez le nombre d’hommes en surplus qui vous empêcherait de tomber sur un nombre égal d’hommes et de femmes, et vous concluez ensuite brillamment que, ô miracle, il y a autant d’hommes que de femmes !

 

Illustration magnifique de cette façon de procéder : Elise Lucet, le midi, sur France 2, qui annonçait avec une mâle assurance : « Quinze ministres - huit hommes et sept femmes - et quatre secrétaires d’état. » Comme c’est étrange !

Pour les ministres, elle précisait « huit hommes et sept femmes » mais pour les secrétaires d’état, elle ne précisait pas : « quatre hommes et zéro femme ».

 

Eh oui. Huit hommes et sept femmes, ça allait déjà bien dans le sens du lavage de cerveau ambiant, alors que quatre hommes et zéro femme, ça risquait de nous rappeler que l’égalité des hommes et des femmes n’était pas encore acquise en ce temps-là...

 

A la très grande rigueur, qu’on se réjouisse de la présence de sept femmes au sein du gouvernement. Après tout, elles étaient à la tête de ministères importants, et non pas simples sous-fifres sous-secrétaires d’état adjointes à la protection des tomates cerises. Mais qu’on ait la décence de le faire avec les mots qui conviennent, et non pas à coups d’erreurs arithmétiques et de détournements politiques de mots féministes qui ont une raison d’être et un sens précis.

 

En Français, le mot « parité » est censé désigner « le fait d’être pareil », le « caractère pair d’un nombre » ou encore la « répartition égale entre deux groupes » (Et de qui sont ces définitions, elles sont du Petit Robert).

Désormais, grâce à cette manipulation médiatique, le mot était vidé de toute signification ou - pire - il voulait alors dire : « suffisamment de femmes pour que les hommes présents s’en tirent à bon compte »...

 

A moins que, tout simplement, nous ne vivions réellement dans un pays où 15 est devenu un nombre pair et où couper un gâteau en deux parts égales revient à donner un tiers à l’un des convives et les deux tiers à l’autre convive.

 

En France, dans le royaume des tripatouillages et redécoupages, Pythagore s’y perdrait. Sans doute parce qu’il n’avait pas quatre mains, qu’il n’était ni hollandais, ni twitteur, ni bi, ni ni !

http://25.media.tumblr.com/tumblr_m574753kiy1rpn5odo1_500.jpg


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Published by Panglos - dans L'info du jour
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