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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 17:44

 

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Observons comment différencier un tableau de maître et une image en page centrale de bulletin municipal.

 Nous allons donc aujourd’hui passer de Voltaire à Rembrandt. On en trouvera donc plus sur la toile !

 Les maîtres s’y retrouveront, les autres aussi au fond…

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Avant que certaines personnes ne quittent Beuvry (62660) pour la période estivale afin de se reposer et de voir ce qui se passe dans un autre lieu puis comparer tout ça avant de se décider à rentrer, nous avons fait un petit comparatif.

 

Quand on est peu féru(e) de poésie$ et d’art, plus particulièrement de peinture, il est parfois ardu de différencier clairement ce qui relève de l’œuvre majeure ou du gribouillage instinctif.

 

Tout comme toute belle en ville vous dirait qu’il y a une différence entre poète et pouêt !

C’est d’ailleurs pourquoi on dirige le choix des vers à tel point qu’on se demande souvent où on est allé les pêcher…

 

 

C’est d’autant plus vrai quand on contemple avec émoi les tentatives artistiques de nos élu(e)s. Elu(e)s qui manipulent. Et Photoshop® peut être ton ami pour enfariner comme il faut…

Néanmoins, et malgré toute la subjectivité qui s’invite lorsqu’il faut émettre un jugement, certains signes montrent que l’élu(e) a une sensibilité artistique, disons… différente de celle des peintres enseignés en Histoire de l’Art.

Sans se prendre pour un opposant confirmé, avec un œil exercé, on peut en effet rapidement faire la part entre le travail d’atelier et celui encore très naïf de l’élu(e) en se basant sur quelques détails qui pourraient encore vous échapper.

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1- La lumière

Le travail sur la lumière du tableau de maître sera substitué par l’élu(e) par un soleil toujours radieux dans un coin supérieur de la feuille. Malgré l’orientation en biais de cette source de luminosité, aucun effet d’ombre ne sera reproduit, ce qui peut déstabiliser le néophyte. Mais il est de notoriété publique qu’aucun(e) élu(e) ne souffre de se voir même partiellement dans l’ombre… Ou de voir la moindre ombre s’afficher sur son œuvre…

Pour les affiches électorales par exemple, certain(e)s élu(e)s, plus pragmatiques, règleront ce problème en ajoutant un deuxième soleil un peu en retrait dans l’autre coin supérieur. Pas con en fin de compte$, non ?

 

2- Les perspectives

 Là où l’artiste confirmé et affirmé va chercher à reproduire ce que lui transmet son œil, l’élu(e) préfère ajuster le réel en superposant les plans.

Dans le jargon des arts plastiques, on dit que l’élu(e) « ne s’emmerde pas ».

L’élu(e) pense une bâtisse comme un pignon (sur rue) et suggère subtilement l’architecture de l’édifice. Ce qui permet de masquer les frais occasionnés pour tous les travaux et de ne faire apparaître que l’utile.

Subtilement avant-gardiste, à n’en pas douter.

 

3- Le sujet

 Dans un souci de cohérence artistique, l’élu(e) aura une prédilection pour certains sujets : ma maison, mon meilleur copain du moment, mes copines, mon école, la cuisine où mijote ce qui sera servi bientôt, la poupée qui me ressemble et que je prends partout avec moi, mon éléphant en peluche offert par ma tatie, etc.

L’artiste, soucieux de « faire son intéressant » évoquera des scènes historiques, mythologiques ou religieuses, de majestueux paysages impressionnistes ou symbolistes, et s’investira cependant moins que l’élu(e), dont la démarche créative se veut avant tout aussi « utilement » sincère que possible.

L’art est avant tout une mise à nu et exige de livrer une part de soi.

 

4- Le respect des proportions

L’artiste, le bras tendu, un œil fermé et le pouce mesurant le sujet sur son pinceau, se comporte comme un pathétique substitut à la photographie avec son insupportable souci de respecter les proportions de ses modèles.

L’élu(e) pour sa part mettra en évidence ce qui lui semble primordial, le visage pas souriant de tatie Martine, la moumoute du nouveau tonton qui est passé le week-end dernier, et tant pis si ces derniers sont un peu grands pour rentrer dans la maison.

 

5- Une représentation symbolique de la nature

L’artiste utilise (un peu facilement, convenons-en) le cycle des saisons pour insuffler à sa toile l’atmosphère picturale la plus singulière et la plus personnelle qu’il soit : triste l’hiver, joyeux le printemps…

L’élu(e) mise sur le caractère intemporel de sa vision : la nature, c’est une fleur. Et une fleur c’est un rond (le pistil) avec des ronds autour (les pétales), le tout au bout d’un trait (la tige).

Voila, c’est clair, c’est efficace et sans artifice.

C’est vrai quoi, les ronds, c’est facile et on peut en avoir beaucoup, non ?

 

6- Une occupation savamment pensée de l’espace 

Quitte à rajouter un bidule pour meubler, l’élu(e) ne va pas encombrer le premier plan d’un ex qui devrait être à l’honneur, par ailleurs un peu moins difficile à retoucher, et choisira plutôt de remplir l’espace laissé vacant entre le soleil et la maison par un oiseau. Ou un nouveau logo, autre cygne de changement…

C’est pas Rembrandt qui aurait pensé à ça.

 

7- Le rapport au carcan de la physique

Est-ce que l’artiste s’est demandé s’il allait peindre un cumulo-nimbus ou un stratus? Combien de temps a-t-il perdu à dessiner un phénomène météorologique vaporeux sans aucun intérêt ?

L’élu(e) n’essaie pas de nous embrouiller et il ne dessine pas de nuage qui ressemble à un nuage. Les nuages, c’est pour plus tard.

Bien joué, non ?

 

8- La signature

L’artiste, qui peut avoir tendance à se la raconter, croit bon d’ajouter son nom en bas de sa croûte.

L’élu(e) , plus modeste et bien souvent incapable d’écrire seul(e) préfèrera ajouter une bonne page de commentaires publicitaires en dessous, même quand c’est un peu interdit, à base d’encre sympathique ou même de pommade au Nutella®.

 

9- Les indications textuelles

L’artiste semble auréolé d’une légitimité qui interdise d’apporter un complément d’information à son œuvre.

En revanche, l’interprétation de l’élu(e) est toujours jugée incomplète et nécessite une explication apportée, le plus souvent, par un(e) adoint(e) ou un(e) chargé(e) de communication qui s’y colle.

C’est par ailleurs l’élu(e) qui jugera (de manière totalement arbitraire) si l’œuvre textuelle doit être encore retravaillée ou mérite d’être exposée dans la publication.

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Et pour finir, en attendant Noël, quelques fans nous ont demandé de faire un peu de pub pour un groupe qui revient à la mode à Beuvry :

 

On peut souligner les efforts de cette réunion de joyeux drilles...

 

 

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commentaires

Enidan 11/07/2012 12:39


Ne parlez plus des absents.


 


Ils ont choisi l'absence prolongée.


 


Respectez leur choix. Leur mort était programmée depuis longtemps.


 


Avec une agonie pareille espérons qu'ils en ont souffert.


 


Amen !

Panglos 12/07/2012 11:12



Le problème est pourtant simple : dans quelle commune parlerait-on de ce qui fonctionne ?


On parle bien plus de ce qui manque que de ce qu'on a et avec lesquels il faut faire...



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