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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 15:24

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Voici une conversation qu’aurait pu nous raconter un historien s’il était sorti de son quartier pour s’occuper d’autres choses que ses dossiers personnels ou certainement mieux un couple d’acteurs sur des planches.

 

Donc :

 

Au sommet de son pouvoir mais à la fin de sa vie, le Cardinal Mazarin achève l'éducation du jeune roi Louis XIV, sous le regard de la reine-mère Anne d'Autriche et d'un Colbert qui attend son heure.

 

Tous ces personnages, leurs calculs et leurs rivalités ne sont pas sans rappeler les jeux du pouvoir et ces liens étroits entre affaires publiques et vie privée dont nous sommes témoins aujourd'hui sur toutes les scènes politiques même les plus modestes.

 

Tant il est vrai que les régimes changent mais que les motivations des hommes (comme des femmes) restent les mêmes...

 

« Diable Rouge »

Pièce de théâtre

 

Metteur en scène :               Christophe Lidon, Denis Berner

Auteur :                                  Antoine Rault

Avec :                                     Claude Rich


Extrait d'une conversation entre Colbert et Mazarin sous LOUIS XIV

 

Colbert :         Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le Surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou.

Mazarin :        Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'Etat. L'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.

 

Colbert :         Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

 

Mazarin :        On en crée d'autres.

 

Colbert :         Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà.

 

Mazarin :        Oui, c'est impossible.

 

Colbert :         Alors, les riches ?

 

Mazarin :        Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.

 

Colbert :         Alors, comment fait-on ?

 

Mazarin :        Colbert, tu raisonnes comme un fromage (comme un pot de chambre sous le derrière d'un malade) ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches.... Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être pauvres ! C'est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser. C'est un réservoir inépuisable.

 

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Il faut juste transférer de 4 siècles, mais effectivement rien n'a changé dans ce monde.

 

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