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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 10:58

 

Le silence a-t-il du sens ?

 

A Beuvry (62660), depuis plusieurs années des personnes jeunes et surtout d’autres qui le sont beaucoup moins et depuis des lustres, se préparent à  une épreuve qualificative.

Pour toutes celles-là, il s’agit de pouvoir aller ensuite aller s’asseoir et studieusement poursuivre…

 

Elles appliquent d’ailleurs pleinement cette maxime. Mais l’ont-elles réellement comprise du fond de leurs charentaises ?

 

 

« Les âmes se pèsent dans le silence, comme l’or et l’argent se pèsent dans l’eau pure, et les paroles que nous prononçons n’ont de sens que grâce au silence où elles baignent »

Maurice Maeterlinck

 

Voici donc notre extrait de travail du samedi plus philosophique qu’historique.

 

Lorsque nous ouvrons un dictionnaire, nous constatons que le mot « silence » possède de nombreuses significations.

Le premier est de ne pas parler, donc de se taire. Le silence est ainsi l’absence de parole, l’absence de mots ; Le fait de ne pas s’exprimer, de ne pas employer de langage articulé.

 

Il s’agit de savoir si le silence a un sens ou non.

 

S’il possède des significations, des explications cachées.

Le silence, comme absence de parole, veut-il dire quelque chose ?

Renvoie-t-il à une signification, au-delà de lui-même ?

Ces questionnements rapprochent donc de la notion de langage et de la communication. Le silence fait-il partie du langage et veut dire quelque chose, ou bien est-il radicalement hors du langage et dénué de toute signification ?

Renvoie-t-il à la présence d’un sens dont la signification pourrait excéder, dépasser la capacité des mots ?

Ou, au contraire, à l’absence et au néant définitif de tout sens véritable ?

 

Au quotidien, le silence a normalement un sens.

 

Il peut refléter l’humeur de personnes.

Un exemple facile ?

 

Regardez et écoutez l’embarras traduit par le silence lorsqu’une personne n’a pas compris quelque chose et se demande ce que  cela veut dire, ou encore la peur lorsqu’il est question de parler devant un groupe de gens que l’on ne connaît pas.

 

Le silence permet de garder un secret, de respecter la parole de l’autre et de promettre de ne pas la trahir, c’est-à-dire de ne pas divulguer ses confidences secrètes.

 

Mais quel est le rapport avec Beuvry vous demandez-vous ?

 

Aucun, mais ce silence est aussi valable dans les milieux beuvrygeois avec le silence ou le secret dont on entoure bien des choses. Sur les recommandations [sic] des personnes responsables [re-sic] aucun(e) subalterne [re-re-sic] n’y pas le droit de divulguer d’informations à d’autres personnes non initiée ni même adoubée même si elles sont des proches, sous peine de sanctions après de tels sacrilèges.

 

C’est à Beuvry ce que chacun(e) désigne par l’expression de secret confessionnel.

 

 

Tout aussi étrangement, le silence prend sens dans l’omerta qui est une loi en vigueur dans certains milieux et qui a pour but d’interdire de faire des révélations.

 

Dans certains endroits, on jure la main sur le dictionnaire, une fleur entre les dents pour apprendre à bien sourire…

Dans d’autres lieux, on promet, et on promet beaucoup, surtout le long du comptoir…

 

Ailleurs, le silence permet d’écouter les autres, de leur prouver que l’on montre de l’attention à leur discours, et du respect à leur personne, en elle-même, par le silence et l’écoute.

 

La « minute de silence », minute par laquelle on rend hommage aux morts, en demeurant debout, immobile et silencieux. Ce silence permet le respect dans l’hommage rendu. Il permet de se remémorer, de se souvenir de la personne dans un silence méditatif et habillé de sens.

Mais ce respect est-il proportionnel au nombre de personnes réellement présentes et pas que selon l’angle choisi par un photographe officiel et dûment accrédité ?

 

D’ailleurs, avec ou sans micro, dans le domaine de la musique les pauses et soupirs sont des interruptions de son d’une durée déterminée, sont indiqués sur la partition et ont une signification. Elles créent le rythme musical.

 

En assemblée, le silence est demandé pour permettre ainsi le travail dans le calme, dans la concentration et le respect envers toutes les personnes présentes.

En effet, sans le silence, se concentrer et bien travailler devient chose difficile.

Il est de même dans les salles d’attente, les cinémas, les théâtres, ou autres lieux publics où le silence est avant tout le respect des autres afin de ne pas les déranger.

 

Ces différents exemples nous permettent de constater que le silence a du sens, et même plusieurs, et qu’il touche à de nombreux domaines.

Le silence n’est donc pas le néant.

Normalement...

 

De la « minute de silence » à l’omerta, les significations du silence peuvent se montrer étranges et diverses, mais on se rend compte qu’il a tout de même le pouvoir d’exprimer un sens, sans bruit et sans parole certes.

Puisque le silence permet de se concentrer, de réfléchir, puisqu’il est capable de donner des significations mais sans parole ; il y aurait alors un langage non verbal, sans communication de vive voix.

 

Le silence aurait donc un sens plus profond.

 

Il a un sens puisque c’est en silence que nous pensons le plus souvent ; dans le silence, il y a nos pensées.

Lorsque nous réfléchissons, nous avons besoin de nous parler à nous-mêmes pour comprendre, interpréter, et pour cela, paradoxalement, nous avons besoin de nous taire.

 

Le silence est le langage de notre pensée.

 

Mais le silence a-t-il toujours un sens si son but final n’est pas d’exprimer quelque chose verbalement, à haute voix, à une personne autre que soi ?

 

Qu’est-ce que le silence, la pensée, s’il n’y avait pas les mots ?

Nous vivons dans un monde où la verbalisation est la règle et le silence l’exception.

 

Nous vivons au milieu d’un torrent de mots, si bien que la valeur du silence nous échappe le plus souvent. Et pourtant, il est difficile de séparer le silence et la parole, le silence et l’intention de signification.

 

Sans un espace entre les mots, les mots eux-mêmes seraient-ils compréhensibles ?

 

En effet, s’il n’y avait pas ces silences, ces courtes extinctions de voix entre chaque mot, les mots seraient-ils compréhensibles ?

 

Notre langage aurait-il un sens ?

Et existerait-il sans ces espaces permettant de mettre des repères, de découper chaque mot pour ensuite créer des phrases ?

Certes non, ainsi le silence a un sens dans la compréhension de notre langage, mais en aurait-il encore si justement il ne serait pas à exprimer ces pensées que le silence permet de créer ?

Et puis, que seraient nos pensées si nous n’avions pas été soumis à l’apprentissage de mots dès la plus tendre enfance, ces signes-signifiants nous permettant de se faire une idée, de nous représenter une chose ?

Pour Hegel : « Vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. »

 

 

Seul le langage donne forme à la pensée.

 

Ainsi, ce qui est informe, obscur, inachevé, bref informulé, devient clair dès lors qu’on trouve les mots pour le dire.

Le langage donne à la pensée son existence la plus vraie.

En effet, la pensée n’existe vraiment que si elle est dite, exprimée dans une parole rigoureuse et articulée.

Il faut qu’elle soit sortie de notre tête, dite de notre plus belle voix et entendue par des personnes autres que nous.

Les pensées servent donc à peu de chose si elles ne sont pas communiquées. 

 

Garder ses pensées pour soi sans les exprimer peut se montrer dangereux car cela témoigne d’un enfermement contre le monde extérieur.

 

Pour rénover un pont entre Beuvry et ce que nous tentons d’expliquer, faisons comme pour les autres antennes qui y fleurissent : une parabole.

 

                  Dans le domaine médical, lorsqu’une personne est atteinte d’une grave maladie qu’elle ignore encore, c’est au rôle du médecin de le lui annoncer, de lui dire les choses comme elles se présentent, d’expliquer le plus précisément les faits.

                  Ainsi, la personne prend connaissance de sa maladie et l’on constate que celle-ci s’enferme très vite dans un silence ténébreux. Ce silence est normal et a un sens.

                  C’est le temps lui permettant de prendre conscience de sa maladie, de réfléchir, de comprendre silencieusement, dans sa tête, avec ses propres mots.

                  Le médecin doit respecter ce silence mais celui-ci ne doit pas s’éterniser.

                  Au bout d’un certain temps, il faut ramener la personne à la réalité, il faut qu’elle s’exprime, parle, sinon cela témoigne d’un trouble.

                  Celui d’un choc très douloureux capable de l’enfermer, de la couper du monde, de l’emprisonner dans ses « pensées ».

 

Alors, quoi de neuf docteur ?

 

Le silence est donc le langage de la pensée, mais doit aussi se transformer progressivement en langage verbal sinon celui-ci n’a plus de sens.

 

 

Le silence n’a donc pas de sens

s’il n’est pas accompagné de paroles.

 

Si les idées se forgent dans un silence méditatif, elles n’existent, ne prennent sens, ne font sens que si elles sont communiquées.

 

Ainsi, la parole reste la manifestation première, fondamentale du langage humain. Nous nous exprimons pour être compris et pas seulement pour se  comprendre soi-même.

Sinon, toute communication devient impossible. Pour être compris de quelqu’un d’autre, il faut donc faire un véritable effort de clarification de notre pensée. Ce qui est dit à autrui, ce ne sont pas des mots, mais du sens.

 

Le silence a donc du sens, il est le « langage » de la pensée, de ce dialogue intérieur et silencieux que notre âme entretient avec elle-même.

 

Il n’y a pas de pensée rationnelle sans langage car la pensée ne prend forme et n’existe que dans les mots.

 

Il faut les mots pour donner corps à la pensée.

 

Si les mots n’existent pas sans le silence, le silence n’existe pas sans les mots.

 

Le silence n’a pas de sens sans ces derniers.

 

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Published by Panglos
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commentaires

Christine 01/07/2013 19:47

Voilà un silence qui commence à faire du bruit

Pugwash 02/07/2013 18:07

Disons simplement que l'orage arrive. Mais qu'il est encore loin !
Et qu'ouvrir les parapluies ne suffira pas...

ROBERT PETIT 01/07/2013 09:27

Très bon texte pour parler du silence assourdissant de clan HIBERNATUS de Beuvry !

Pugwash 01/07/2013 18:43

Vous croyez qu’il n’existe qu’un seul et unique clan HIBERNATUS [sic] dans tout Beuvry ?

Sans vouloir nous montrer trop pessimistes, nous osons nous résigner à croire qu’il en existe plusieurs triplettes. Et tripettes aussi.

Si par clan vous comprenez : groupe de personnes se soutenant mutuellement par passion ou intérêt ; que nous interprétons plus réalistement par le terme de coterie ; nous vous félicitons d’avoir compris cette bizarrerie que ce mot est bel et bien de la famille d’intérêt(s) qui eux se défendent avec passion.
Et faites attention, si dans la définition du dictionnaire il est question de mutualisation et de soutien, l’histoire nous a appris qu’entre théorie et réalité…

Méfiez-vous des prédicateurs et des devins. Car si l’avenir se lit dans le marc mais sans s’y construire, il se délie dès qu’on le rallonge. Ce qui fait qu’aucune vision n’est plus sûre et les espoirs deviennent hypothétiques.

L’expression beuvrygoise « clan » peut aussi mathématiquement se réduire à l’individu unique, le singleton, qui se présente comme le porteur du drapeau de l’opposition. L’histoire ne s’écrit pas périodiquement, en 2 à 3 pli(é)s… Sauf pour les amateurs de (re)belote.
N’oubliez pas ce proverbe africain qui dit « Si le tambour sonne fort, c’est parce qu’il est creux. » Ceci dit, dans l’histoire, aucune nageuse apnéiste ne pourrait affirmer le contraire.

Hibernatus pour hiberner ?

Curieux, les animaux de tous poils qui hibernent savent eux qu’il faut vite se réveiller afin de profiter du printemps, de l’été et de l’automne pour se reconstituer, se faire entendre dans les bois pour marquer son territoire, trouver des partenaires, etc.

N’allons pas jusqu’à Darwin… Nos constatations sont déjà ternes…

Rallumons nos lecteurs Mp3 et écoutons mélancoliquement Schubert et « Le chant du cygne » si beuvrygeoisement prophétique !

Beuvry 2014 30/06/2013 20:56

C'est presque une dissertation de philo !
Bravo

Pugwash 30/06/2013 23:54

Presque ?

Ceci pour dire que même sur les silences qu'imposent et s'imposent l'opposiboration et ses admirateurs, il y a des choses à dire...

Jules 30/06/2013 18:25

Les secrets confessionnels c'est une coutume à Beuvry aussi ?

Pugwash 30/06/2013 23:55

Oui, dans chaque chapelle !

Rackam le rouge 30/06/2013 18:19

Sauf qu'à Beuvry vos pseudo-philosophes en réalité s'ils se taisent c'est parce qu'ils dorment ! Sont peinards les loukoums, tant que le réveil ne sonne pas, on ne panique pas. Mais quand ce sera la fin de la sieste, ça va remuer comme de la gélatine anglaise pour faire effet.

Pugwash 01/07/2013 00:00

Ici, personne n'est "fan" de loukoum. Ce qui règle le problème, nous ne ferons pas la queue pour aller en reprendre.

Pour ce qui est de la gélatine qu'elle soit anglaise ou de toute autre nature, évitons les crises de foi(e) !

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