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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 00:58

 

 

Flexibilité ?

 

Dommage que

Karl Marx ne soit plus là

pour voir ça.

 

Parce qu’il en reste qui, entre deux siestes, ne font que

le regarder d’un œil distrait en s’asseyant sur…

 

 

Aurions-nous bien compris ce que nos oreilles ont cru entendre ce mardi soir dans Beuvry (62660) ?

 

Les diverses strates élues et associées seraient à la recherche d’un nouveau type de contrat pour les emplois qu’on envisage de créer ?

 

Après les emplois francs, les emplois sous contrat zéro-heure ?

 

Un nouveau changement pour que ça bouge ?

 

Pour faire face aux aléas de l'économie en récession, pour pouvoir enfin se vanter de réussir à contenir le taux de chômage comme promis et dans de nouveaux délais, la solution serait-elle alors d’voir massivement recours à des contrats de travail précaires ?

 

Cela parce qu’en France, un nouveau type de contrat de travail serait donc à l’étude pour la rentrée, un contrat sans garantie de durée avec temps de travail du salarié malléable à merci.

 

Bin ouais quoi… En France, on n’a pas de pétrole. Mais on n’a pas d’idée non plus.

C’est ça le changement pour que ça bouge.

Y a pas que rien qu’à Beuvry (62660) qu’on sache pratiquer le copier-coller avec bricolage et coloriage pour faire du neuf avec du…

 

Une idée qui aurait été copiée sur le modèle britannique où il est en vigueur depuis la fin du siècle dernier. Et où il rencontre un grand succès… chez les employeurs !

 

Phénomène étrange qui semblerait bien ne pas avoir été souligné par les personnes intéressées de ce côté-ci de la Manche : là-bas, très prisé par les employeurs, ce type de contrat est pourtant remis en cause depuis les syndicats jusqu’au Ministre des Affaires, de l’Innovation et du Savoir-faire du gouvernement de David Cameron.

 

A se demander ce qui se tramerait dans les couloirs de notre Ministère du redressement productif pour aller goûter cette bouillie où la souplesse de ce type de contrat de travail permettant surtout aux employeurs d’être en position ultra-confortable.

 

Serait-ce une idée pour relancer les aciéries en fondant de nouveaux contrats en acier ? Une nouvelle politique ?

 

Mais qu’est-ce que le « contrat zéro-heure» ?

 

Et bien il repose sur le principe du « donnant-donnant » : l’employeur propose un travail sans horaires fixes aux salariés, qui ne sont en contrepartie pas obligés d’accepter.

L’idée pourrait même aller parfois jusqu’à stipuler que l'on n'a pas le droit de travailler pour un autre employeur, histoire d'être toujours disponible. 

 

En théorie, une telle « flexibilité » n'est pas possible en France. Le temps partiel permet de travailler moins de 35 heures par semaine et la durée du travail est inscrite sur le contrat du salarié. De plus à partir du 1er janvier 2014, cette durée devra être d’u minimum de 24 heures.

L'employé peut travailler pour plusieurs entreprises mais non-concurrentes.

Mais qu’en serait-il des CDD d'usage, intermittents, vacations, piges, etc., dont il existe une liste établie par décret ?

 

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Pour les personnes curieuses :

 

http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-du-personnel/temps-partiel-ce-que-change-la-loi-sur-l-emploi_41197.html

 

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006072050&idArticle=LEGIARTI000021336319&dateTexte=20130625

 

http://www.easycdd.com/Outils-gratuits/CDD-Quel-cas-de-recours-utiliser/En-savoir-plus/Le-contrat-CDD-d-usage-constant

 

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En France, ce parti-pris du tea aux tocs aurait provoqué un changement maintenant en se faisant nouvel adepte de la secte ultra-libérale à laquelle on avait pourtant promis de ne jamais se convertir ?

 

En offrant une liberté quasi-totale à l’employeur : plus obligation d’offrir un travail régulier à son employé.

 

Mais en prenant soin alors de présenter en gros caractères à l’employé qu’il aurait  l’avantage de n’être pas obligé d’accepter les heures que son employeur lui propose. Et en prenant garde de mettre tout petits en bas de page, qu’alors il devrait se débrouiller pour trouver ce quoi boucler son budget de fin de mois.

 

Surtout les 30 derniers jours…

 

Mais ça entre nous c’est sans oublier que si l’employé peut refuser les heures qu’on lui propose, il s’expose à des représailles.

L’employeur qui a besoin que son employé soit à son poste tel jour pendant tant d’heures, sera tenté, après un refus, de ne plus lui proposer (autant, assez, etc) de travail pendant une période donnée dont la longueur peut être grandement variable.

Réponse du berger à la bergère en somme !

 

Et dans ce contrat rien n’obligerait l’employeur à fixer un temps de travail minimal.

 

« L’employé » pourrait donc travailler 10 heures comme 35 heures par semaine, en étant prévenu souvent par SMS des horaires proposés par son employeur. Avec un autre « avantage » : bien souvent aussi pour les employés celui d’être prévenus du travail qui leur est proposé que quelques heures avant leur prise de service.

 

“L’entreprise n’a pas le devoir de vous proposer du travail. Vos heures de travail ne sont pas prédéterminées et vous seront notifiées sur une base hebdomadaire dès que le responsable du magasin sera en mesure de vous les fournir. L’entreprise a le droit de vous demander de travailler pour des heures variées, et prolongées.”

Peut on trouver dans ce type de contrat.

 

Contrat de travail, sans garantie d’un temps prédéfini, ne prévoyant également pas de salaire minimum : les horaires fluctuant d’une semaine à l’autre, les salaires varieraient aussi dans d’importantes proportions.

Ce qui démontrerait bien la difficulté dès lors de se fixer un budget ou de rembourser des crédits. Ne bénéficiant d’aucune durée fixe de travail, cette nouvelle espèce d’employés sous contrat zéro-heure ne pouvant se projeter qu’à très court terme.

 

La mise en place en France de ce type de contrats à destination essentiellement des jeunes, des séniors qui ne cherchent qu’un petit complément pour un extra ce mois-ci risquerait fort de notre côté aboutir également, argument nettement plus préoccupant, à un renforcement de la précarisation des salariés qui cherchent à subvenir aux besoins de leur famille.

 

Car de contrat à l’origine destiné aux emplois nécessitant peu de qualification, le contrat zéro-heure s’est rapidement développé dans beaucoup d’autres branches plus qualifiées du marché du travail.

Buckingham a embauché 350 personnes en contrat zéro-heure cet été. Selon ces contrats, les personnes embauchées n’ont aucune heure de travail assurée : tout dépend de la fréquentation.

 

Changements qu’on imaginerait adaptables à l’Elysée ou à Matignon ou … dans toute commune qui se voudrait à l’avant-garde de l’innovation et du progrès dans les secteurs dont elle a la charge ?

 

Un exemple : les collectivités territoriales, pour faire face aux transferts de compétences et aux coupes budgétaires, pourraient avoir recours de plus en plus recours à ces contrats de travail, notamment les services d'assistance aux personnes âgées, ou les services d'accueil au public.

 

Rappelons-nous que l’idée originelle de ces contrats était de permettre à des entreprises qui ont parfois des pics d’activité ou une demande ponctuelle d’y répondre sans avoir à embaucher des salariés permanents.

 

On ne peut que se montrer préoccupé par cette forme d’« exploitation » du personnel avec ces contrats qui ne donnent aucune garantie de temps et de mode de travail.

 

Même si officiellement, cette flexibilité offerte par ces contrats convenait aux employés britanniques interrogés. Sondage où l’impact d’un tel type de contrat sur les conditions de travail et le niveau de vie des Britanniques a été superbement ignoré. Comme le fait d’être contraints de rester sur leur lieu de travail sans être payés en attendant d'être remis à la tâche…

 

Alors si le changement ce serait maintenant qu’après avoir accepté le fast-food on bougeait pour adopter le fast-travail ?

 

Ou comment après la nourriture vite consommée on pourrait passer à l'employé vite...

 

Mais à Beuvry aussi, c'est vous qui croirez. Et peut-être bien qui verrez...

 

Promis ?

 

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Published by Panglos
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