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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 17:31

 

Lors d’une petite conversation que nous avons eu dernièrement quant au dernier changement municipal en date à Beuvry (62660) sur sa définition officielle, nous avons exprimé quelques craintes.

 

Craintes auxquelles aucune raison de ne pas en avoir n’a été apportée, même derrière une vaporeuse promesse …

 

Un petit chemin de promenade peut vous sembler sous la semelle d’une godasse ou l’autre plus naturel qu’une aire de jeux bétonnée ; mais en réajustant ses lentilles on peut voir que les chemins, les champs et la campagne elle-même n'ont plus rien de réellement naturel !

 

Même le yaourt n’est plus naturel ma pôv’dame !

Certain(e)s les croient encore «bio» ... Mais sont-ils si «bio» que ça ?

 

Ainsi le paysage que l’on peut encore admirer n’est que le fruit d'un très long travail : tout été aménagé, cultivé, modifié de façon à satisfaire quelques besoins …

Regarder par la fenêtre, ce n'est pas voir la nature, c'est voir ce que Hegel nommait l'esprit objectif, c'est-à-dire l'esprit humain qui s'est déposé dans des choses.

 

Qui a déjà vu un champ pousser tout seul ?

 

Partout, on peut y voir la main de … qui a travaillé et aménagé ce qui l'entoure coûte que coûte à sa convenance.

 

Alors, chaque compatriote a-t-il seulement accès à une «nature » vraie ?

 

Rappelons donc qu’à Beuvry il y a une véritale opposition. Normalement ...

Mais pas n’importe laquelle, c’est que la culture s'entend d'abord par opposition à la nature :

                  -     est naturel, ce qui se fait tout seul ;

                  -     est culturel ce qui porte la trace du travail humain.

 

Commençons donc par quelques remarques assez instructives quant aux priorités sur les voies impénétrables aux illettré(e)s suivies par la municipalité de Beuvry (62660).

 

« La nature, c'est tout ce qui est en nous par hérédité biologique ; la culture, c'est au contraire tout ce que nous tenons de la tradition externe. »

Claude Lévi-Strauss

Entretiens avec Lévi-Strauss, Georges Charbonnier, 1961

 

 

D’abord, un nouveau changement de priorité : de la culture qui semblait être la priorité des priorités, la municipalité a fixé comme objectif la nature …

 

Un retour aux champs ?

 

 

Ce qui est étrange, et révélateur, c’est que le mot «culture» vient du Latin «colere» qui veut dire «mettre en valeur».

 

On peut mettre en valeur une commune, etc. Mais là nous nous égarons ...

 

Et que c’est une vieille tradition beuvrygeoise d’opposer la nature et la culture, quand on n’a plus rien d’autre ...

 

Le ciel étoilé, la terre, les règnes minéraux et végétaux, appartiennent à la nature.

Tout ce qui est produit par l’homme depuis la roue jusqu’à au système Bimby, la 4G, Linky, les transferts de fonds et aux toiles de Van Gogh, appartiennent à la culture ; les institutions et les lois relèvent aussi de la culture.

 

Pour l'anthropologue, la culture désigne l'ensemble des activités humaines qui s'écartent des simples déterminismes naturels ; et qui sont issues généralement d’une réflexion.

Autrement dit, du réfléchissement Jean-Pierre !

 

La culture est ce qui s'oppose à la nature : ce qui n'est pas inné mais s’acquiert tout au long de l’existence. Attention, nous ne parlons pas de cumuls ...

 

Étonnant, non ?

 

En l’être humain, la «nature» désigne ce qui est donné à la naissance (*), tandis que la « culture » désigne ce qu’il acquiert tout au long de son éducation (**).

 

(*)      Autre signe de retour ? Ou de continuité politique ancestrale quand on a pu comprendre une volonté de mise en valeur par un certain prosélytisme quand dans une déclaration on a jugé que seule une personne née dans Beuvry (62660) était à même de la comprendre et de bien la diriger … ?

 

(**)     Éducation, encore un gros mot frappé sur les touches du clavier. Remarquez, nous n’avons pas écrit : TAPé ! Car à Beuvry (62660) on peut craindre que c’est avec un TAPage (très) économique que l’on veut revenir vers un secteur qui est plus primaire

 

Et non, d’ailleurs ce n’est pas Voltaire mais Rousseau qui a nommé « perfectibilité » la capacité de l’être humain, non pas (seulement) de progresser, mais d’évoluer sans cesse, en bien comme en mal. 

 

Ça vous laisse sans-dents, pas vrai ?

 

 

Le mot «culture» désigne le produit de l’éducation morale et intellectuelle de chaque individu.

Tout être humain reçoit une telle «culture» par définition. Mais, en ce sens, la culture comporte également des degrés qui ne sont pas que d’ordre quantitatif.

 

D'ailleurs, ne dit-on pas :

 

« Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine » comme disait Rabelais et non pas Voltaire.

 

Une personne «cultivée», qui a une tête bien faite, est normalement capable de juger par elle-même, par exemple de ce qui est bien ou ne l’est pas.

 

Serait-ce là aussi une des raisons qui ont fait changer les priorités décidées par la municipalité ?

 

La culture est une transformation vers le haut, dans le but de développer ou de proliférer.

Ce qui n'est pas forcément souhaitable, ni souhaité.

 

Ainsi lorsque le Candide de Voltaire, dit «il faut cultiver notre jardin», on peut le voir comme une métaphore où le jardin représenterait l'esprit humain. La morale préconiserait donc de faire fructifier ses capacités pour améliorer ses conditions et pour atteindre le maximum de ses possibilités. 

Sacré Voltaire, va !

 

Ce qui ferait dangereusement apparaître bien des choses dans Beuvry, comme ailleurs …

 

Mais attention, si le savoir est une condition nécessaire à la culture, il ne suffit pas. Non, non, non !

Sinon cent idées seraient trop peu. Pensez-donc !

La culture ne se résume pas à l'instruction : elle comprend également l'éducation, la formation, qui supposent d'avoir une certaine autonomie, une créativité, un esprit critique.

 

Et toc !

 

Quand on parle de culture, on parle de former «une tête bien faite» et faire autant que possible appel à la raison face à chaque situation. 

Car il ne s'agit pas seulement d'apprendre mais aussi de comprendre.

Mais ça, nous l’avons déjà écrit à plusieurs occasions.

 

Et donc, lorsque l'on oppose la culture à la nature, c'est souvent en sous-entendant que la culture serait supérieure à la nature.

En effet, on parle par exemple des «lois de la nature» qui renvoient à état plutôt chaotique, par opposition aux «règles de la culture» qui instaurent l'idée d'un ordre. Ordre perfectible, mais ordre quand même.

La culture serait donc synonyme de progrès. Mais aux ordres de qui ?

 

Mais l'être humain est formé selon le milieu global et familial dans lequel il nait puis dans lequel il évolue. Ce qui ne signifie aucunement qu'il faut en être pour en comprendre les mécanismes ...

En particulier, pour faire de lui un être civilisé, il est important qu'un enfant grandisse dans un environnement culturel.

 

On TAPe fort, non ?

 

 

Pour finie, rappelons que «nature» a deux sens en Français, puisqu'on parle aussi de la «nature» d'une chose. Et ces deux sens ont la même origine : nature vient du Latin nascor, le verbe naître.

La nature d'une chose, c'est ce qu'elle était en quelque sorte «à la naissance», avant toute modification.

 

Mais c'est toujours à partir d'une interprétation donnée du monde que l'être humain détermine ce qu'est pour lui la nature : on voit bien alors que le sens qu'a le mot «nature» est lui-même culturel …

On ne peut donc envisager ce qu’est la nature qu'à partir de sa culture.

 

Là où commence l'humanité, la nature s'arrête : l'être humain a «cultivé et humanisé la nature». Ça c’est de Marx. Pas Groucho, mais Karl. Rien à voir avec ... non plus.

 

Étonnant, non ?

 

Et combien de sucres avec le café ?

 

 

 

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Published by Panglos
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